jeudi 15 septembre 2016

Genèse d'une couverture de livre


Dans beaucoup d'esprits, le processus créatif s'apparente à un voyage en avion : une ligne droite qui relie un point de départ à une destination. On connait l'heure d'embarquement, on a une bonne idée de celle de l'aterrissage et, à quelques turbulences près, le voyage se fait sans grande surprise. Dans les faits, le processus créatif ressemble plus à un road trip dans lequel on s'embarquerait sur un coup de tête, avec une vague idée seulement de la destination. Le chemin lui-même est riche en surprises et en détours  mais, à l'arrivée on goûte à la satisfaction d'avoir vécu une belle aventure. Comme dans le cas d'un vrai road-trip, le créateur puise son plaisir aussi bien dans le voyage que dans sa conclusion.

J'ai une vraie fascination pour le processus créatif. C'est un vrai bonheur pour moi de visiter un studio d'artiste, ne serait-ce que pour apprécier que le chemin vers la création n'est pas linéaire. Aujourd'hui, j'ai donc décidé de partager le chemin entre le moment où j'ai décidé de retravailler la couverture du guide de survie et celui où j'ai déclaré le projet bouclé. J'espère que, vous apprécierez vous aussi le chemin que l'idée a parcouru et, si d'autres auteurs comme moi font le choix d'auto-publier, je serais ravie de partager dans un qutre billet quelques conseils pour mieux appréhender le processus de collaboration avec d'autres artistes.

Enjoy the ride!

Juin 2015 : création de la première couverture 


En mai 2015, à la demande de lecteurs, je décide de faire imprimer mon guide. J'ai une idée très précise de son format (brochure, pour qu'il puisse glisser dans un sac à main) et de la qualité du papier (lisse et brillant, pour qu'il puisse résister aux lectures répétées en cuisine) mais je ne sais pas à qui m'adresser. Par le plus grand des hasards, mon chemin croise celui d'une imprimerie alors que je vais récupérer ma voiture au garage. C'est dans cette petite imprimerie que seront imprimés mes guides quelques semaines plus tard.

Le mois de juin est alors consacré à de nouveaux cycles de relecture et de mise en page. La date de sortie du guide étant fixée au 14 juillet, je n'ai pas le temps de travailler avec un illustrateur/graphiste pour la couverture du livre. Je créée donc la première couverture du guide sur Canva pendant la sieste de mes filles : je veux quelque chose de très coloré pour attirer l'attention des visiteurs lors de ma séance dédicace à La Baguette Magique.

Quand on tient compte du fait que je ne suis pas graphiste, la première couverture n'était pas trop mal. Très vite, pourtant deux problèmes se posent :
  1. La photo ne capture pas l'intégralité du contenu du guide.
  2. Le rouge est une couleur très difficile à capturer en photo. Pour quelqu'un d'actif sur Instagram qui comptait sur la plateforme pour faire connaitre le livre, cela a constitué un problème.
Dès juillet, l'idée de retravailler la couverture du livre commence à germer.

Juillet-Septembre 2015 : identification de l'artiste

Parmi les nombreux artistes que je suis alors sur Instagram, il y a Christina Hart de Wild Hart Paper Co. J'adore son style féminin et épuré, ainsi que sa graphie élégante que je rêve d'incorporer à mon travail. Fin juillet, je lui demande donc un premier devis pour un tampon encreur "merci" pour personaliser les cartes qui accompagnent les commandes du guide. L'impact d'un tampon me semblant pourtant moins important que celui d'une nouvelle couverture, je la recontacte pour un autre devis, cette fois pour une illustration de couverture. Je la remercie et laisse l'idée faire son chemim.

Mi-août, grâce à l'article que le French Morning consacre à mon guide, j'entre dans mes frais et je dispose des fonds nécessaires pour financer une nouvelle couverture. Je recontacte Christina et nous nous mettons d'accord pour nous rencontrer début septembre.

Début septembre, coup de théâtre : Christina m'annonce sa décision de ne plus accepter de travail personnalisé pour se concentrer sur sa (très jolie) ligne de papeterie. Retour à la case départ.
Crédit photo : Wild Hart Paper Co.
L'idée de calligraphier le titre du livre ne me quitte pourtant pas. Je me rappelle soudain que Dan McShane, un artiste de ma ville,est aussi connu pour son travail d'illustration que de calligraphie aux accents vintage dont je suis fan. L'inscription "Kennett Square" sur ce sac qui me suis partout ? C'est lui. Comment n'y ai-je pas pensé plus tôt ? C'est décidé, c'est avec Dan que je veux travailler.


Le 8 septembre, je lui envoie une proposition de collaboration par e-mail. Les jours passent, aucune nouvelle. Je le contacte sur Instagram. Un e-mail de ma part ? Il n'a rien reçu. Je renvoie mon message, qui finit lui aussi dans sa boîte spam (merci Gmail), Nous prenons rendez-vous dans un café le 9 octobre afin de passer le projet en revue.

Précision de taille, Dan ne parle pas français. De plus, s'il a réalisé de nombreuses illustrations et logos, il s'agit là de sa première illustration de couverture. J'ai consicence de prendre un risque en travaillant avec lui mais voilà, il faut savoir vivre dangereusement.

Au café, je passe en revue l'intégralité du guide de survie. Je lui explique alors ma vision pour la nouvelle couverture : un titre calligraphié aux accents vintage et un élément qui rappelle l'Amérique des années 50, celle des milk shakes, des blousons en cuir et des diners. Pour moi, c'est la bouteille de lait en verre qui symbolise cette Amérique que j'aime et je lui donne carte blanche pour l'incorporer au design.

Avant de partir, je lui montre un exemple d'illustration dont il peut s'inspirer. Coïncidence, elle s'avère avoir été réalisée par l'un de ses artistes préférés. Je décide que c'est bon signe.


Octobre 2015 : réalisation des premiers croquis

Fin Octobre, Dan m'envoie trois croquis de titres calligraphiés.


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J'accuse réception des croquis et me donne 48h de refléxion (surtout ne pas choisir un croquis à chaud !), je choisis, avec l'aide de ma soeur, le croquis numéro 3. Bonne nouvelle, il s'agit du croquis préféré de Dan. Etape suivante : la couleur et l'inclusion de l'illustration.

Novembre 2015 : le choix de la couleur et de l'illustration

A partir du troisième croquis, Dan réalise deux ébeauches de couverture :


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Nous progressons mais j'ai deux problèmes : le premier autour de la couleur, le second autour de l'illustration. Le bleu que Dan a choisi n'est pas du tout (mais alors DU TOUT) ma tasse de thé. Je recherche souhaite chose de plus féminin, sans être girly. D'autre part, et c'est bien là le plus gros problème, la bouteille de lait ne représente pas, là encore, toute la portée du livre.

Lorsque je montre ces deux brouillons à Jonathan, nous réfléchissons ensemble à un élément plus général qu'une bouteille de lait. La réponse me vient aussitôt à l'esprit : une assiette, bien sûr ! Le titre de l'un des livres de ma bibliothèque, Will Write for Food, repose justement dans une assiette.



Fin novembre, juste avant Thanksgiving, je reprends donc rendez-vous avec Dan pour le mettre sur la voie des nouveaux changements. Pour l'illustration, il voit où je veux en venir et je guette sa réaction en sortant Will Write Food de mon sac : son regard s'illumine, ouf, il est inspiré ! Pour la couleur, je lui propose de s'inspirer de la palette - féminine mais pas girly - d'une carte signée Trader Joe's.


Et c'est parti pour un nouveau cycle de révisions.

Décembre 2015 : finalisation de la nouvelle couverture 

Début décembre, Dan m'envoie alors quatre nouvelles propositions. 

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Je saute de joie en découvrant la première proposition. Pour moi, c'est simple, elle est PARFAITE ! Dan apporte quelques finitions et, fin décembre, juste avant Noël, nous déclarons le projet bouclé. J'attends la fin des fêtes de fin d'année pour présenter la nouvelle illustration au monde. TA-DA !!



L'aventure aura en tout duré trois mois et je n'ai qu'une envie, c'est de repartir au plus vite. Un journal de survie alimentaire aux Etats-Unis, ça vous dit ?

lundi 8 août 2016

En 2016, je (re)lance un blog - 6ème partie : quelle plateforme pour mon blog ? (1/2)


Ce billet fait partie d'une série d'articles destinés à vous guider dans le lancement de votre blog. Je vous apprendrai notamment à définir une stratégie digitale pour faire connaitre votre blog dès son lancement. En attendant, je vous invite à rejoindre le groupe d'entraide sur Facebook et parcourir les premiers articles de la série.

Aujourd'hui, j'aborde LA question qui stoppe de nombreux aspirants blogueurs dans leur élan : comment choisir une plateforme pour son blog ? Pour y répondre, j'ai demandé leur avis à deux blogueuses plus qualifiées que moi en la matière : Otir et Julie. A l'honneur aujourd'hui, Otir, blogueuse de la première heure ou presque (je la suis depuis plus de 10 ans sur la toile !) dont la réponse, je l'espère, vous permettra de sauter le pas et de lancer, enfin, votre propre blog. Merci Otir pour tes conseils.

Quelle est la meilleure plateforme pour bloguer ? Allons bon, sera-ce WordPress ? Blogger ? Tumblr ? Ou encore ? Ma réponse franche et honnête : tout dépend de vos objectifs à terme, de votre implication technologique, de votre niveau (débutant ou vétéran), de votre réseau social et enfin de vos préférences personnelles.

WordPress - WordPress.org

La plateforme est de loin la plus populaire, notamment chez les francophones qui l'utilisent à plus de 70 % des plateformes de gestion de contenu "Open Source" (c'est à dire, logiciel au code libre par opposition aux logiciels dits "propriétaires" que l'on ne peut pas modifier), l'avantage de l'open source étant la versatilité quasi infinie. L'éventail de fonctionnalités de WordPress est véritablement énorme, entre le choix de thèmes étendu à perte de vue et la quantité d'extensions qui a de quoi faire tourner la tête.

Avec WordPress, les maître-mots sont choix et possibilités. Autant dire que si vous voyez loin, c'est une excellente solution que vous ne regretterez pas, d'autant plus que la plateforme est gratuite, et même au démarrage sans investir dans des extensions ou des thèmes payants, vous pouvez réaliser un blog extrêmement professionnel qui aura le potentiel que vous souhaitez.

Maintenant, cette abondance a son revers de médaille : si vous débutez et n'avez pas une vision très précise de ce que vous pouvez obtenir avec votre projet de blog, ces possibilités à l'infini peuvent vous freiner ou vous encombrer : au lieu de créer du contenu, il y a toujours le risque de se retrouver aux prises avec l'ultra-complexité. Attention donc au piège et au risque de perdre de vue l'intention première avec une usine à gaz...

Blogger - www.blogger.com 

Il s'agit de la plateforme de blog phare de Google. Elle est entièrement gratuite et sans surprises, pas de flonflons qu'il vous faudra acheter si vous voulez faire des embellissements, un très bon choix de fonctionnalités et des thèmes suffisamment variés pour vous permettre de créer un blog à votre image.

L'utilisation de Blogger est extrêmement intuitive, et la simplicité de la plateforme en fait une des favorites des débutants et des blogueurs qui n'ont vraiment pas envie de se pencher sur le fonctionnement technique d'un gestionnaire de contenu ! La sobriété de l'interface de gestion a de quoi satisfaire ceux qui veulent publier vite, souvent et sans se prendre le chou.

L'écosystème de Google peut également être vu comme un avantage du point de vue du référencement, mais c'est toutefois illusoire. Ce n'est pas parce que c'est une plateforme de Google que vous serez automatiquement mieux référencé, ne vous y fiez pas, le travail vous reviendra toujours de bien optimiser votre contenu de blog et d'en faire la promotion de façon pertinente.

Blogger a plus de limitations que WordPress, et dès lors que vous voudrez passer du simple blog à une vitrine plus intégrée, vous vous heurterez à de frustrations : si vous avez un projet de croissance de votre business en ligne, Blogger restera un blog mais ne vous permettra pas aussi facilement de créer votre enseigne internet.

Et personnellement, je pense que d'être dépendant du bon vouloir de Google est risqué : on les a vus mettre des outils chéris par beaucoup au rencart pour moins que ça ! Et quand votre outil disparaît du jour au lendemain, ça fait mal.

Tumblr - Tumblr.com

Je suis souvent étonnée que les gens pensent peu à Tumblr quand ils citent les plateformes de blog : Tumblr est extrêmement puissant, et hyper simple. C'est un turbo de blog, avec énormément de possibilités, entièrement intégrées dans tous les réseaux sociaux, et extrêmement utilisé par les jeunes générations, ce qui devrait en faire un atout pour les marques qui ne s'y sont pas trompées !

Le choix des designs de Tumblr est tellement vaste qu'il faut parfois y regarder de près pour s'apercevoir qu'un site tourne en fait avec ce moteur. L'accent principal de Tumblr est mis sur le partage, et un Tumblr (qui veut dire en quelque sorte "débouler") permet de re-blogger à l'infini, un peu comme un re-tweet. Selon que vous bloguez du texte, de l'image ou du son, la simplicité de la publication est formidable, et il n'y a vraiment jamais besoin de mettre les mains dans le cambouis.

Vous aimerez aussi le fait que les autres réseaux sociaux "poussent" leurs contenus vers Tumblr (c'est aussi vrai pour WordPress), ce qui vous permet de partager vos propres contenus avec un public encore plus grand.

L'inconvénient de Tumblr ? Vous n'avez pas accès au code ou alors de façon très limitée en html, donc si vous êtes partants pour installer vos propres outils, vous ne le pourrez pas. Et parfois, le formatage ne sera pas le résultat auquel vous vous attendiez, et il faudra faire avec.

DotClear - DotClear.org

Comme vous le voyez, il faut se poser des questions en amont, de savoir quel format de blog on est prêt à créer, en fonction de où on veut mener ce blog, et à quelle intention il sert.

Pour ma part, je blogue sur une quatrième plateforme, DotClear, que j'ai choisie parce qu'elle est ouverte comme WordPress, simple comme Blogger, élégante comme Tumblr, et française avec une communauté qui est devenue ma communauté.

A vous de voir ! Quels seront vos choix et vos raisons ? Dites-le nous dans les commentaires ! Au plaisir de vous lire.

Otir

dimanche 17 juillet 2016

Trouver le réconfort

Vendredi dernier, l'une de mes meilleures amies américaines m'a annoncé le décès de son père. L'enterrement a eu lieu hier et j'ai passé la journée en sa compagnie pour la soutenir. C'était une journée difficile, comme vous pouvez l'imaginer, et j'avais hâte de retrouver ma famille le soir même. Lorsque je suis me suis affalée sur le canapé, cela a ensuite été pour découvrir la nouvelle des attentats de Nice.

Aujourd'hui, j'étais invitée au farmers market de ma ville en l'honneur du 14 juillet. Pour être honnête, je n'avais pas le cœur d'y aller mais, ici, le 15 juillet est un vendredi comme un autre et la vie continue.


Ce matin, j'ai préparé des chouquettes et un gâteau au yaourt myrtilles et coco pour offrir aux visiteurs du marché. Casser un œuf, mesurer la farine, saupoudrer des petits choux de sucre... Chaque étape de chacune des recettes a lentement transformé mon humeur. La pâtisserie comme source de réconfort.

jeudi 30 juin 2016

Chérir son audience

Marcos, Robin et Isaac de la plantation de cacao Ucayali au Pérou
157 : c'est le nombre de vues de ma 31ème revue de tablette de chocolat sur YouTube. Celle-ci mettait en avant une tablette un peu particulière puisqu'elle était réalisée à partir des fèves de la seule plantation de cacao située dans la région d'Ucayali au Pérou, une région plus connue pour la culture d'une certaine substance illicite que pour celle de son cacao. Un petit chocolatier de la région de Los Angeles, LetterPress Chocolate, avait acheté les fèves issues de la première récolte de la plantation à l'automne dernier et j'ai eu la chance de figurer parmi les toutes premières dégustatrices des tablettes. Vous pouvez en voir ma revue en anglais dans la vidéo ci-dessous.


Samedi dernier, j'assistais pour la première fois à une réunion de la Fine Chocolate Industry Association à New York. Cinq minutes après avoir récupéré mon badge, Robin, l'homme barbu au à droite sur photo en haut est venu me tendre la main en me disant qu'il me connaissait. Je l'ai regardé d'un air incrédule avant qu'il ne m'explique qu'il est l'un des trois membres de la plantation d'Ucayali. Il m'a remerciée pour la vidéo et, les mains tremblantes, a commencé à me montrer les photos de leur plantation péruvienne avant de me proposer de visiter leur plantation au Pérou ! Nous étions tous émus, il est en effet très rare que les producteurs de fèves goûtent aux tablettes réalisées à partir des fruits de leur récolte et rencontrent les consommateurs comme vous et moi. Pour une chocophile comme moi, le moment était tout simplement magique. 

Marcos et Isaac de la plantation Ucayali
Il m'arrive sûrement comme à vous de me lamenter de n'avoir "que" 3 inscrits à ma séance dédicace, 80 abonnés sur Instagram ou 10 personnes sur ma newsletter. Samedi, cette rencontre m'a rappelée qu'il est important d'être reconnaissant pour chaque abonné, " likeur" et lecteur. On ne mesure pas toujours l'impact de ses mots, photos ou de son travail et il suffit d'une rencontre comme celle que j'ai faite samedi pour se souvenir que la vraie mesure du succès, c'est vraiment l'impact de notre travail sur la vie des autres et qu'il suffit de toucher une personne pour que nos efforts trouvent leur sens.

vendredi 10 juin 2016

14

Le lundi 10 juin 2002, je traversais l'Atlantique pour la toute première fois pour rejoindre mon premier emploi de jeune diplômée. Je portais des Camper's rouges, un imper Etam écru et des lunettes qui me tombaient sur mon nez. En soute, deux valises remplies de vêtements et bien sûr aussi d'albums photo. En cabine, un sac à dos Eastpak noir, souvenir de mes années d'étudiante, dans lequel j'avais glissé une trousse de toilettes blanche couverte d'ours bleus, un lecteur CD, des compils Inrocks et deux cadeaux de mon ami Serge : le premier CD de Vincent Delerm et Une parfaite journée parfaite, l'un des premiers livres de l'écrivain Martin Page.

N'importe quel expat vous le dira, les premiers jours dans un nouveau pays sont particulièrement éprouvants. Tous les soirs, en rentrant du travail, j'essayais de trouver du réconfort en écoutant Vincent Delerm avant de me retrouver dans le personnage du livre de Martin Page qui se suicidait à la fin de chaque journée. Pendant des jours, je me suis accrochée à ces morceaux de culture comme un naufragé à une bouée et puis, petit à petit, j'ai commencé à apprivoiser ma nouvelle vie. J'ai fait la connaissance de Jonathan, qui m'a fait remarquer que Vincent Delerm chantait faux, j'ai découvert la chick lit' américaine (littérature pour femme), que j'adore, et j'ai commencé à aimer ma nouvelle vie américaine.

Quand j'ai compris que je ne retournerais pas vivre en France, j'ai eu peur de perdre un peu de cette Estelle. 14 ans plus tard, je suis rassurée : j'ai gardé mon goût pour les chaussures rouges, les livres de Martin Page et les compils des Inrocks. Pourvu que ça dure.